C’est un artiste heureux et reconnaissant qui s’est confié au directeur du Djéguélé Festival, M. Koné Dodo. « Vous m’avez honoré », s’est réjoui Molobaly Kéité, artiste malien, une des têtes d’affiche du Djéguélé Festival 2024. A sa descente de scène ce vendredi 03 mai à Boundiali, Molobaly a encore ressenti cette extase qu’éprouve un artiste lorsqu’il fait son job et que le public, en retour, le lui reconnait en l’ovationnant. N’est-ce pas cela, la plus belle récompense d’un créateur ?

Comme le rappelle Koné Dodo, c’est la population de Boundiali qui a fait la requête. « Vous faites venir les balafonistes, pourquoi vous ne faites pas venir Molobaly Kéita », explique le directeur qui affirme qu’avant cette demande, il ne connaissait ni d’Adam, ni d’Eve l’artiste. Quelles ont été ses impressions ? « Il reviendra l’année prochaine. C’était trop bien », réclame-t-il.
Molobaly, pour de vrai, a impressionné toute l’assistance. Son aisance au chant, sa maitrise du groove, sa gestuelle… Tout est gracieux et contrôlé. Molobaly est artiste dans l’âme et l’exprime sur scène. Le Directeur Général de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), Dembélé Fausséni n’a pas bougé malgré les fines pluies qui tombaient au stade de Boundiali. A ses côtés, le Directeur général du MASA, Abou Kamaté, avait les yeux écarquillés d’admiration. Pour finir, ils ont envahi la piste de danse comme de nombreux jeunes restés tard dans la nuit, contre vent et marée, pour communier avec la star du balafon.

Vêtu d’un ensemble boubou bazin indigo, Molobaly a transformé l’espace en dance floor, chacun démontrant ses plus beaux pas sur une rythmique déchaînée et envoutante du balafon. « Tchimidjama », un titre de Molobaly, hypnotise à coup sûr. On bouge d’abord la tête, on balance ensuite les mains et on se surprend en train de rivaliser avec les autres danseurs en exécutant ses meilleures phases.

« Ce que j’ai vu ce soir, cette foule, c’est ce que j’appelle l’amour. Si on aime un artiste, même quand il tousse, on adore. Qu’il sache chanter ou pas, on l’ovationne », apprécie Molbaly au micro des journalistes. Celui qui a commencé à frapper sur les lamelles du balafon très jeune et qui a sorti son premier album en 1980, explique que cet accueil des boundialikas ne l’a pas surpris car selon sa philosophie, « chaque jour à sa réalité et l’on doit s’attendre à tout ».
Son vœu le plus cher, c’est d’amener les populations, surtout les autorités ivoiriennes et maliennes à la cohésion et à l’unité. « Seul, on ne peut rien réaliser. Il faut qu’on s’unisse », conseille-t-il.

Malgré la fraicheur entrainée par la pluie, Molobaly Kéita a réchauffé la piste de danse et les cœurs. L’on a chanté et dansé à l’unisson. Buveur du « tchilidjama » ou non. On a consolidé notre humanité en aimant l’autre juste parce qu’on est heureux. Djéguélé (balafon) quand tu nous emportes !
SANOU A.
crédit photo: Koné Seydou

