Les amoureux de musique, précisément de reggae, étaient aux « Cafés du LSCAC », le mercredi 2 avril. Un cadre d’échanges scientifiques du laboratoire des Sciences de la communication, des arts et de la culture (LSCAC) de l’UFR Information, communication et art de l’Université Félix Houphouet-Boigny.
Réflexion scientifiques aux couleurs reggae. Pour sa deuxième journée scientifique, le LSCAC a mis à l’honneur la star internationale du reggae, Alpha Blondy. « Un dessert » de partage intellectuel autour de l’œuvre de ce monument de la musique, après un colloque en 2023, a expliqué Pr Koné Bassémori, directeur du LSCAC.
Le thème de la rencontre, « Le blondisme: philosophie ou / et identité », a été développé dans une ambiance rythmée par quelques chansons de l’artiste revisitées par des étudiants de l’UFRICA.
L’objectif général de cette journée scientifique, a expliqué Dr Koné Bassirima, est de « pérenniser l’œuvre d’Alpha Blondy de sorte que nos petits enfants se souviennent de ce génie ».

Pr Yacouba Konaté, ex-DG du Masa, a été présenté comme l’homme par qui le « blondisme » est rentré par la grande porte à l’université Houphouet-Boigny, il a prononcé la conférence inaugurale sur le thème « Des fondements du reggae africain à la prolifération des mouvements blondistes: enjeu et stratégie de pérennisation de l’œuvre d’Alpha Blondy ». L’intello Blondyste a retracé le parcours artistique et humain de l’artiste. Qui, selon lui, est le premier ivoirien à oser le reggae en Côte d’Ivoire.
Dr Koné Bassirima a précisé que le blondisme, qui est un concept né il y a environ 5 ans, n’a pas été créé par l’artiste mais par ses fans qui ont jugé que son œuvre mérite d’être préservée.
A l’en croire, étudier l’œuvre de Blondy est suffisant pour comprendre les fondements du reggae africain.
Pr Sindou Konaté a développé le thème « Art humaniste et révolutionnaire. Le son de paix, d’unité et de révolte d’Alpha Blondy. » Présentant l’artiste comme la « figure emblématique du reggae africain », il affirme que son message est humaniste de par son caractère universel et son incitation à la tolérance et à l’Amour. « Bien plus qu’un chanteur, Alpha Blondy est un philosophe du peuple » qui prône « un monde au bien-être collectif », a-t-il poursuivi.

A travers des analyses scientifiques de certaines des chansons de l’artiste, les universitaires ont mis en évidence un homme engagé musicalement, un auteur à l’inspiration eiv8ne dont les mises en garde dans les textes se sont réalisées, un croyant dont les écrits proposent « un univers ou Dieu est omniprésent « , selon Pr Bamba Siriki.
Représentant le doyen de l’UFR, le Pr Atchoua Julien a soutenu que l’œuvre d’Alpha Blondy « est tout un service rendu à la Nation. » C’est pourquoi il a affirmé qu’il faut à tout moment lui rendre hommage, et cela de son vivant. « Nous sommes des rastas scientifiques », a-t-il imaginé, pour justifier ces travaux.
« Blondisme et engagement : une philosophie musicale au service de la paix en Afrique », « Le blondisme ou Allah léka néki : une mission prophétique », « Le blondisme, une identité oecuménique: la prégnance du religieux dans le discours musical », sont d’autres thèmes qui ont été développés.
L’enseignant d’art, Oussou Justin, a proposé un vernissage sur le thème « Alpha Blondy, le prophète : une musique à 4 temps ». « L’hommage d’un artiste à un artiste », a-t-il justifié.
L’œuvre d’Alpha Blondy, dont le premier album est sorti en 1982, c’est 20 albums et 246 chansons.

Inza BAMBA

