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    FESTIVAL LES PRATICABLES

    « Shéda ! » de Dieudonné Niangouna : « S’accepter pour s’accoucher à nouveau »

    WebmasterBy Webmasterdécembre 15, 2023Updated:décembre 16, 2023Aucun commentaire7 Mins Read
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    Nulle part. Ou bien, à Kakuma. A Kakuma ou nulle part, c’est pareil. Car Kakuma c’est « nulle part » en Swahili. Et que peut-il se passer « Nulle part » ? Voyage dans l’imaginaire de Dieudonné Niangouna (Congo- France) auteur et metteur en scène de la pièce de théâtre Shéda dont la 2ereprésentation a eu lieu mercredi 13 décembre à Bamako–Coura, dans la cour des Tall (à côté de la prison centrale), dans le cadre de la 5e édition du festival « Les Praticables ».  

    « Shéda ! », scandent en chœur les neuf comédiens après 2h 30 de représentation. Si la pièce n’est pas encore finie, ce crie constitue une transition pour changer de tableau : une lueur d’espoir. « L’espoir, c’est Shéda », développera Dieudonné Niangouna auteur et metteur en scène. Et pourtant cet happy end, aucun spectateur ne l’avait vu venir. 

    La pièce a été nouée, dans le chaos. Et qui dit chaos, dit situation extrême, délire, folie. A Kakuma, « un désert de pierres après un cataclysme naturel dont personne ne se souvient vraiment », des rescapés, rejoints par des hommes tombés du ciel, sont à fond dans le délire. On se laisse entraîner dans un combat collectif. On s’attaque sans raison, sans adversaire prédéfini. On devient fou. On hurle et on s’affaisse. Chacun a son histoire, son vécu, son grief, son combat, sa révolte, sa révolution, sa vérité, sa mort. Les histoires s’entremêlent, souvent similaires, parfois différentes. Les mots sont durs, grossiers… on dit les choses comme on les ressent, comme on a envie de les dire. On est sans limite, sans hypocrisie, sans peur. On dit ce qu’on pense, comme on veut le dire. Les situations s’embringuent. On évoque tous les problèmes (les plus actuels) du monde. On parle du désastre écologique, des attaques des djihadistes, des crises dans le monde, des injustices, des guerres…

    Une narration de chaos…

    « J’emprunte ce type de narration à ma grand’mère. Elle était conteuse et rebouteuse dans son village au Congo. Elle m’a raconté plein d’histoires. Elle était aussi une prêtresse traditionnelle qui officiait aux initiations des femmes et des hommes. Elle m’avait raconté cette histoire-là, mais pas dans la forme théâtrale. C’était sous forme de conte et les personnages n’avaient pas ces noms. Et moi je l’ai théâtralisé, j’ai donné des noms beaucoup plus contemporains, par rapport à la situation que traverse le monde actuellement sur tous les plans », explique Dieudonné. Et pour suivre l’histoire contée de cette façon, il a fallu de la patience au public pour absorber tous ces « délires », solitaires ou communs des habitants de Kakuma. Et comme pour ne rien arranger, la pièce dure trois heures. 

    Pourtant, on s’attache très vite aux personnages. On est scotché par la Mastodonte (Marie Paule Bokobry ; Côte d’Ivoire), cette masse humaine, portée reine, on ne sait comment, avec ses chants mélodieux et ses décisions autoritaires ; Kotakoli (Chouchou Yoka ; RDC) prisonnière de son amour ; La Fille (Fanta Koné ; Mali), l’amoureuse à exorciser, Golbert (Lycaa Linca Mugisha ; Burundi) qui garde sa mémoire et refuse de se faire commander par son amie d’enfance la Mastodonte ; Le Voyageur (Pape Khalil Dramé ; Sénégal)et son discours cru, sans filtre ni métaphore ; Petit Grand (Fama Mademba Sacko ; Mali), fils de Golbert ; Reine Zoé Ndéyéli (Togo) et ses rires qui font rire ;Drissa Camara (Mali)et Sékou Cissé (Mali). On est pris de sympathie pour ces personnages car ils réussissent là où de nombreuses personnes échouent : « s’assumer ». « Dans cette pièce, on admet qu’on a des problèmes. Des difficultés qui sont humaines avec leur complexité. Et on évoque un sursaut d’espoir, pas de manière idyllique ou utopique, mais dire que ça passe par un travail, une acceptation de soi », souligne le metteur en scène. Le happy end, ce n’est donc pas que ce ballet final qui fait bouger tout le monde et qui soulage du poids de ce bagage porté par tous. Non. C’est aussi ces personnages qui, à la fin sont en confiance et s’acceptent. Et s’il y a quelque chose à retenir, même si une pièce de théâtre est libre de tout cela, c’est s’autoriser à revisiter son passé, tout son passé, et arriver à le transcender et s’accoucher soi-même, à nouveau. 

    Les histoires africaines au contact du monde

    « Shéda ! », à l’écriture comme à la représentation est une pièce qui porte plusieurs combats. Et le premier, si on s’autorise une classification, c’est le combat du dramaturge contre ses idées, ses inspirations. « C’est quelque chose qui me mange dramatiquement. Cette histoire est un monstre. Il lui en faut plus que ma voix, plus que mon plateau, plus que la scène réellement », souligne l’auteur dans sa note d’intention. Chaque jour, il se serre de sa culture, sa tradition, d’un masque, d’un conte, d’un chant pour lui donner une portée artistique et humaine plus différente. 

    « D’une certaine manière, qu’on vive, actuellement, en Côte d’Ivoire, à Brazza ou dans un coin reculé du monde, les problèmes ont toujours un lien avec le reste de la terre. Nous sommes dans une période de mondialisation. On ne peut plus avoir un souci qui ne concerne que tel village Dogon ; tel village Tchoko ou peul. Il y a toujours une relation avec les autres. On ne peut plus se retrancher dans son petit coin à être nombriliste. Comme le dit Golbert : ce siècle est un siècle de nudité », soutient Dieudonné Niangouna. De ce fait, croit-il, on a besoin d’étaler cette problématique du monde, pour trouver des valeurs qui sont en nous, les recouvrer, soigner nos blessures et passer à autre chose. « Schéda ! » est aussi la somme des influences de la tradition sur l’auteur : des contes, des chants, des cérémonies de purification, de la sorcellerie… et de ses lectures, son contact avec les autres, ses contemporains. 

    Création de classe internationale, « Shéda ! » est une vision réaliste du théâtre pour un engament social de cet art qui ne saurait passer sous silence l’actualité, sa contemporanéité.  C’est donc une voix qui s’élève aux confins du Congo, amplifiée par ses rencontres africaines, enrichie par la multitude de cultures et des peuples, partie à la rencontre de l’autre en Europe, en Amérique, en Asie. S’étant décomplexée de tout, se dit : je dois faire avec. C’est une pièce à voir. Et la durée (3h) n’est qu’une inscription. Quand on embarque, on y va jusqu’au bout.  

    SANOU A. à Bamako

    Mention spéciale pour les régisseurs son, lumière et le scénographe 

    A la fin de la représentation de « shéda », pendant que toute l’attention était portée sur les comédiens et le metteur en scène, un homme, « venu sûrement de Kakuma », a salué publiquement les régisseurs son, lumière et le scénographe. « Merci à vous messieurs les régisseurs son et lumière. Merci aussi au scénographe pour ce travail impeccable ». Avec des applaudissements, le public l’a suivi dans son hommage. Pour sûr, il a fait œuvre utile en saluant « ces soldats de l’ombre ». Ce sont : Mohamed Diarra (Régie générale et son ; Mali), Mohamed Diané (Scénographie ; Guinée Conakry)et Aïssata Soumaré (Création lumière ; Mali). En vrai, quand on entend la cour des Tall (à côté de la prison centrale) à Bamako-Coura, on pense à une salle ou un espace bien aménagé pour les spectacles. Ô que non. Pour rester dans l’esprit des Praticables, c’est une parcelle, non encore mise en valeur, à l’intersection de deux voies avant le bitume passant devant la prison centrale de Bamako-Coura, qui a été aménagée avec les moyens de bord. L’espace est entouré avec des tôles défraichies, vieillies. A l’aide de branches d’arbres, on a monté des structures sur lesquelles ont été fixées les lumières. Et là encore, Aïssata Soumaré a fait preuve d’originalité en utilisant les grandes boites de tomates (perforées à l’arrière) pour couvrir les ampoules. Un projecteur a été posé sur des briques rangées dans la partie droite de la cour, sur lesquelles jouent des acteurs. Une loge de fortune a été créée avec des branches et des rideaux. La pièce s’est jouée dans un décor naturel au milieu de la cour et les spectateurs placés en face. 

    SA à Bamako

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