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    Home»Arts de la scène»Festival Culturel»FESTIVAL LES PRATICABLES»Yasuke Walks : Le défilé des Samouraïs noirs
    FESTIVAL LES PRATICABLES

    Yasuke Walks : Le défilé des Samouraïs noirs

    WebmasterBy Webmasterdécembre 15, 2023Updated:décembre 16, 2023Aucun commentaire3 Mins Read
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    Creuset d’originalité et de créativité, le festival Les Praticables, ouvert depuis le 8 décembre 2023 à Bamako-Coura au Mali, ne cesse d’épater les habitants de ce vieux quartier de la capitale malienne. Ce mercredi soir, encore, ils ont pris part à un défilé de mode-performance du designer franco-malien Xuly Bët avec une conception scénographique de Smaïl Kanouté. « Yasuke Walks » est une inspiration de Smaïl à partir de l’histoire du samouraï africain (noir) Yasuke qui a été déporté au 16e siècle. 

    Au-delà de tout ce qui sous-tend l’histoire du 1er samouraï étranger japonais, Smaïl a voulu montrer que « l’identité n’est pas qu’héritage, mais aussi une création de tous les jours ». Et l’histoire de ce guerrier en Afrique et guerrier au Japon avec tous les codes d’honneur en est la parfaite illustration. 

    Artistiquement, c’est un pont, à partir des créations vestimentaires, qu’il établit entre l’Afrique et le Japon. « Entre le Japon et l’Afrique de l’ouest, il y a beaucoup de choses similaires. Et l’interculturalité, le métissage des cultures, est très important et il faut continuer à aller vers l’autre pour connaître qui on est », relate-t-il. 

    Côté spectacle, Smaïl a fait un « Walks ». Il entend par ce terme : « marcher avec fierté ». Selon lui, « marcher est une action pure où la musique, la danse et la lumière donnent des idées qui dépassent le réel ». L’introduction de pas de danse contemporaine à sa création démontre qu’on est en face de personnes à multiples cultures. « La danse n’a pas de frontière. On passe de la danse traditionnelle, à la danse contemporaine, de la danse contemporaine au Hip Hop. Ces genres communiquent et chaque genre apprend de l’autre. C’est un dialogue infini », approfondit-il.

    Ce soir, une partie de la rue 369 a été mise, volontairement, au noir. Une musique jouée en live (djembé et kora), est surplombée par la voix de Mamie Camara. La chanteuse avec une tonalité autant langoureuse que mélancolique interprète des titres du répertoire populaire bambara et surtout « Seydou » de l’icône Salif Kéita,. Les chansons plongent l’auditoire dans une atmosphère de « Sumu », moment de chant d’éloges des nobles et vaillants guerriers du mandé. Et l’ondulation des corps des danseurs/mannequins et aussi leurs acrobaties rend le moment unique.

    Les mannequins éclairés par des ampoules néons, tenues par certains, sont regroupés au centre du cercle qui s’est créé par les spectateurs. D’autres mannequins portent des chapeaux (en cône) avec les bords évasés, sous lesquels ont été placés de petites ampoules. « Chaque étoile, chaque lumière représentent une vie et la lumière, c’est la vie », relate Smail. 

    Les créations de Xuly Bët ont été sublimées par le travail de Smaïl. Sa collection est essentiellement constituée de kimonos de divers tailles, confectionnés avec des étoffes tissées bogolan, mais aussi de wax. Les habits produits sont à la croisée de l’urbain, du funky fashion, de la sérigraphie. Une belle mise en valeur du travail des artisans, effectuée par deux passionnés : l’un designer et l’autre scénographe. 

    SANOU A. à Bamako

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