Sous le commissariat de Pr Yacouba Konaté et Fodé Sylla, une exposition de photos d’archives, de peinture, de sculpture, de BD, d’installations, rend hommage aux sportifs et plasticiens de la commune d’Abobo. Le vernissage a eu lieu le samedi 20 janvier au Musée des cultures contemporaines Adama Toungara (Mucat), d’Abobo, en présence de la ministre de la Culture et de la francophonie, Françoise Remarck.
Intitulée « Made in Abobo, ils sont passés par-là », l’exposition est une mise en lumière de « l’un des fiefs du football ivoirien ». Et la particularité des stars (sportifs, artistes, intellectuels) issues de cette commune, est qu’elles gardent un souvenir fort de leur quartier et en font la marque de leur identité.

Des dignes fils du ballon rond, Abobo en a connu. On voit leurs visages partout sur les cimaises du Mucat : (pour les plus âgés) Amara Bakayoko, Mamadou Bamba, Siaka Bamba, Charles Boti Bi, Souleymane Camara, Djidjiba Diomandé, Dioubaté Keffing, Moussa Doumbia, (les moins âgés) Bonaventure Kalou, Fadel Kéita, Ismaël Kéita, Kader Kéita, Arouna Koné, Ibrahim Koné, Tanoh Krou, Daouda Mariko, Geoffroy Serey Dié, Missa Noel Tanoh, Sié Touré dit Dogoh, Venance Zézé dit Zézéto.

L’expo est aussi transversale sur d’autres disciplines sportives : le taekwondo, la boxe. Là-bas aussi, des noms comme Mariam Bah, Abdoulaye Doumbia, Mohamed Doumbia, Drissa Doumbia, Désiré Ettien, Mamina Koné, Achille Koukougnon ont de la résonnance.
Abobo, c’est aussi une belle fusion des arts (peinture, sculpture, BD, mode, street art, design). « Made in Abobo, ils sont passés par là », est une lucarne ouverte aux artistes de ces domaines. On retrouve des œuvres de Charles Marie K., Japhet, Dedjognon, Gaoussou Dosso, Salomon Irié, Japhet, Salif Diabagaté, Ibrtahim Touré dit Chula, Siaka Traoré et surtout Soro Péhouet.
« Comme tu le constates, on est à Abobo. Ici (montrant une toile), c’est ‘’Enjaillement de pied’’. On est dans l’argot abobolais. Je vois ces parties de maracana. On veut rappeler que par un moment de plaisir avec la balle, on peut être heureux. On est toujours dans le principe de la diversité dans l’unité. Abobo étant une commune populaire, chaque papillon sur la toile représente une identité. Les papillons enveloppent la scène principale de la toile à l’infini. Pour rappeler que le foot est universel et intemporel. On a joué au foot hier, on joue au foot aujourd’hui et on jouera au foot demain », explique Soro Péhouet l’une de ses deux toiles exposées.
‘’L’enfant d’Abobo’’ (il vit et travaille dans cette commune), figuratif à souhait, fait plonger le visiteur dans le quotidien des bambins avec un réalisme enchanteur. Les créations de Péhouet sont solaires et ses papillons, après leur éclosion sur ses précédentes toiles, sont dans l’affirmation. Affirmation identitaire, du « made in Abobo ». « Nous avons utilisé les motifs des pagnes récupérés, nous les avons découpés et collés. Les ailes des papillons, c’est du collage sur peinture. C’est un ajout qui donne un effet vivant, on a l’impression que les papillons volent réellement, comme les stars abobolaises inonde le monde ».

Poitrine nue bombée, narine dilatée, menton levé, le regard en l’air fixant une balle, le personnage de la toile « C’est pour ma patrie », exprime l’engagement lors des parties de foot, surtout lors des compétitions comme la CAN. « Il faut se battre, jouer avec le cœur. C’est l’expression d’un sentiment de fierté quand on va chercher la victoire là où elle se trouve pour la ramener chez nous », incite l’artiste.
L’exposition reste ouverte, gratuitement au public, jusqu’au 03 mars. Elle se tient dans le cadre de Abidjan Art Week, des expositions collectives qui réunissent 12 galeries à travers la capitale économique ivoirienne. Comme une équipe de foot, même si elles sont douze, les galeries se serrent les coudes pour offrir une CAN artistique au monde entier.
SANOU A.
Phs: Koné Seydou







